L’île de beauté

La Corse ou l'île-de-beauté
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À voir

Les lieux où je vous emmènerais pour comprendre ce territoire par la table.

U Marcatu d’Aiacciu

Pour moi, un vrai coup de cœur pour ce petit marché qui ouvre chaque jour de 8 h à 13 h.

Le caviste a toutes les bouteilles qui permettront de faire un tour de l’île des principales appellations et des petites pépites que recèle la Corse.

Mais les stands les plus impressionnants sont ceux des poissonniers et du fromager. Sur l’étal des premiers, vous verrez tout ce qui se fait de mieux en pêche locale : des chapons, des bars, des poissons de roche aux poissons de friture. Mais le roi des poissons corses sera là également, trônant de tout son poids et de toute sa longueur : le magnifique et délicieux dentice.

Quant au fromager, c’est un puits de connaissance des fromages de l’île de beauté. Demandez un safari : en gros, un tour de la Corse des meilleurs fromages. Magnifique !

Bonifacio

Pourquoi le port de Bonifacio plus qu’un autre ? Y mange-t-on mieux ? La réponse est non, ou du moins aussi bien qu’ailleurs. Mais Bonifacio est une merveille, un petit port magnifique situé à la pointe sud de la Corse, comme un symbole. On y mange tout ce que la Méditerranée offre aux côtes corses.

De plus, une préparation comme l’aubergine à la bonifacienne est un plat traditionnel qui symbolise bien la Corse. Dans un contexte traditionnel de dénuement, cette recette permettait de cuisiner, pour ne pas les perdre, le pain rassis et les vieux fromages corses. Le pain des morts, véritable institution de l’île, est de Bonifacio. J’ajouterai pour ma part le fugazzi, une galette à base de sucre, d’anis et de fleur d’oranger. Juste démoniaque !

Sartène

Là aussi, pourquoi Sartène ? D’aucuns trouveraient à redire, prétextant que beaucoup de villages corses auraient pu être retenus.

Oui, mais voilà : j’invite les gens à se rendre à Sartène. Si la ville n’enlève rien à la typicité des autres villages, elle les symbolise tous. Voici un archétype de village corse, avec ses rues étroites, ses fontaines où l’on voit les gens assis se parler, ses placettes qu’on imagine remplies les jours de fête ou au retour de la chasse.

Choisissez un restaurant où vous pourrez manger du ragoût de sanglier, idéalement sur la place et hors saison. Puis regardez la rue et les gens. Vous devriez comprendre beaucoup de choses.

Les cédrats du Cap Corse

Entrepreneur en matériaux de construction, Xavier Calizi décide en 2008, à l’âge de 37 ans, de remettre en culture les terrains familiaux à Barrettali, son village natal. Après avoir défriché et dégagé sous les broussailles les anciennes ripe, ces murs de séparation entre les jardins qui occupaient jadis toute la commune, il plante 4 hectares de cédratiers et entame la longue et délicate transformation du cédrat.

« Le circuit de fabrication est lent. Parfois un mois s’écoule entre la cueillette et le produit fini ! Mais c’est la condition de l’authenticité, un gage de qualité pour ce fruit identitaire, emblématique du Cap Corse. »

Xavier s’est rapidement découvert une passion pour l’histoire étonnante de ce fruit, et des connaissances qu’il tient à partager : « On ne peut pas faire revivre le cédrat dans la région sans penser à transmettre ce savoir aux jeunes générations. C’est pour moi un objectif permanent. » À cette fin, il prépare une collection de 50 arbres qui permettra au jeune public de découvrir les quinze variétés de « l’arbre à pommes », dont la plus spectaculaire est le cédrat « Maxima », qui peut atteindre 8 kilos !

Si vous aviez interrogé Xavier Calizi il y a 10 ans sur les caractéristiques du cédrat corse, il aurait certainement peiné à répondre. Aujourd’hui intarissable sur le sujet, il ne se pose plus qu’une seule question : « Où vais-je planter un autre cédratier ? » (Source : Gusti di Corsica)